Editorial

Vénus KHOURY-GHATA

par Pascal DUPUY

 

               

  TELLE SHEHERAZADE

     

 Une femme au cœur de miel, suaves odeurs d’échos qui passent, parfums mêlés de    l’orient et de l’occident sur la page ouverte.  

L’écriture respire sous les vents d’Arabie, elle prend ses couleurs dans la langue de France. Les romans sont poésie, les poèmes sont des histoires racontées comme des fables. Nous les entendons vivre dans votre voix, par vos gestes et sous vos regards.  

Il y a en vous une mélodie intérieure qui s’égrène au fil des mots. La nature vous accompagne. Mais les rêves se déchirent sous le poids des vents contraires.

Comme vous, j’ai souffert de l’injustice des hommes ; comme vous, je me drape de dignité face à ceux qui s’érigent en procureurs mais dont le puits est à sec. Car je vous rejoins à l’orée des fontaines pour y puiser l’eau claire, épurer le cœur et l’esprit des blessures inutiles. Il faut creuser « là où l’ombre peut se tenir debout ».

Votre poésie s’offre à tous les maux, vos images sont autant de partages d’amitié ; la ferveur intense qui vous anime renferme des souvenirs secrets d’un petit pays si beau meurtri par les guerres, contrée de soleil où le cèdre est roi, où les femmes parlent avec les arbres, où le  bonheur est espérance…

Vos poèmes sont un chant d’infini au-delà d’une mort vivante qui éclaire l’âme. Vous vous adressez aux « gens qui vivent à ras de terre, ras de nature »

Votre écriture est unique, marquée du sceau de ses racines et de la maîtrise du verbe. Elle est votre liberté. « Dans le poème, je monte, je gravis, je retiens mon souffle, et ne respire qu’à la fin ».

Que votre parole soit amour ou révolte, qu’elle tisse les collines de Rabbiah, qu’elle souligne les plaines du Liban, elle vibre des larmes de  vie, brûle du feu de l’intérieur.

C‘est un chant pur, profondément humain, digne des plus grands, que Venus KHOURY-GHATA porte en elle, telle Shéhérazade.  

 

 

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